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dimanche 28 février 2021

Sur les traces du Dragon...

Footprints...

Le magazine qui laisse des traces !

   Dans l'histoire du Jeu de Rôle, la place laissée au média papier a toujours été importante, que ce soit pour les fanzines et autres bulletins ou bien pour les magazines avec un aspect plus « professionnel ». Bien entendu, cela est avant tout un phénomène historique puisque internet n'existait pas au début de l'aventure rôlistique. De nos jours, cet héritage perdure sous la même forme (il suffit de voir les financements de fanzines sur Kickstarter) mais aussi sous son aspect plus technologique avec les e-zines.

   Aujourd'hui, je souhaiterais faire la part belle à une publication numérique proposée par le renommé site Dragonsfoot, lequel est dédié à l'O.S.R. et plus particulièrement (même s'il y a quelques digressions) à Dungeons & Dragons ainsi qu'à AD&D. Ce lieu fourmille de documents en tout genre : aides de jeu, modules, fiches de personnages, articles etc. Mais, pour revenir à notre sujet premier, je voudrais présenter - à ceux qui ne connaîtraient pas - la publication de ce site, à savoir Footprints.

Couverture du dernier numéro en date...

   Le premier numéro voit le jour en avril 2004. Il fait vingt-cinq pages et contient déjà des noms réputés (Chris GONNERMAN, John TURCOTTE et Alphonso WARDEN). On y trouve un module AD&D (pour des personnages de niveau 9 à 14), un article évoquant le poids des pièces de monnaie, une table pour les coups critiques et les Fumbles (que j'ai utilisée pendant plus de dix ans !), une fiction, une classe de personnage, des monstres pour agrémenter vos bestiaires déjà bien complets, une critique d'un module de T.S.R., deux recettes aux noms évocateurs à servir pour vos joueurs et, pour conclure, quelques dessins humoristiques (à la manière de Dragon Magazine). On le voit tout de suite, tous les ingrédients que l'on espérait et que nous trouvions dans les fanzines/magazines de l'époque sont là. Bien entendu, les ajouts ne sont que des suggestions et les joueurs en font ce qu'ils veulent ; le principe de la liberté de nos tables reste respecté car rien n'est officiel (forcément... !). Mais on retrouve cet aspect cher aux vieux grognards qui est celui du bricolage de règles ; l'objectif étant d'ouvrir des pistes et de laisser les joueurs faire ce qu'ils souhaitent.

   Les numéros vont se suivre avec une certaine régularité tout en s'étoffant : #2 (août 2004, 38 pages), #3 (décembre 2004, 30 pages), #4 (avril 2005, 48 pages), #6 (août 2005, 49 pages), #6 (décembre 2005, 29 pages), #7 (avril 2006, 36 pages), #8 (août 2006, 39 pages)... Le dernier numéro en date, #24, est sorti en janvier 2019 et se compose de 86 pages. Mais, comme pour toute publication réalisée par des bénévoles et distribuée gratuitement, il faut du personnel pour rassembler les textes, les mettre en page etc. La machine va donc quelque peu s'essouffler. Le premier ralentissement aura lieu entre les numéros 16 et 17 (respectivement novembre 2009 et mars 2011). Cette sortie printanière insistera sur les difficultés rencontrées pour maintenir un rythme satisfaisant puisque un nouvel arrêt de deux ans apparaîtra. Ce n'est qu'en avril 2013 que sera publié le #18. Mais cette année laissera entrevoir une reprise sérieuse car nous aurons le plaisir de pouvoir lire ce magazine avec régularité jusqu'en septembre 2015 avec son numéro 23. Et là, ce fut la crainte d'une fin inéluctable car il faudra presque quatre ans à l'équipe pour accoucher du numéro suivant ; et à l'heure où j'écris ces lignes, rien n'est sorti depuis.

   Ce n'est pas la qualité de l'objet qui est responsable de ceci. Le nombre de téléchargements (même si l'on considère qu'il puisse y avoir quelques doublons) reste important : plus de 35 000 pour le #1 et encore bien supérieur à 10 000 jusqu'au #11. Par la suite, le magazine ne descendra pas en deçà des 6 000 téléchargements (à peu près car c'est 5 974 exactement). Le phénomène s'explique par le mouvement inhérent au cercle de l'O.S.R. (des gens qui vont et viennent pour différentes raisons), la difficulté à recruter des volontaires bénévoles pour réaliser les numéros et donc, par incidence, aux temps morts de publication qui engendrent alors des oublis de la part des fidèles lecteurs. D'ailleurs, l'observation de la mise en page montre bien le professionnalisme qui est en usage au sein de l'équipe rédactionnelle ; on peut comprendre alors toute la difficulté du recrutement.

   Le contenu est toujours d'excellente qualité, même si l'on n'adhère pas ou n'utilise pas toujours ce qui offert. Il y a toujours eu la volonté d'améliorer le magazine et ce n'est pas un hasard si nous pouvons retrouver la signature de Lenard LAKOFKA ou bien celle de Jim WARD. Les articles proposés sont réfléchis et testés (pour ce qui concerne les aides de jeu), ce qui permet aux joueurs de s'essayer immédiatement dans une mise en place, sans avoir à trop approfondir les suggestions. J'ai toujours trouvé, dans les pages de Footprints, l'idée Oldschool de « caisse à outils » et, en cela, il me semble qu'il remplit parfaitement son rôle, à la fois d'objet de découverte et en même temps celui d'agent fédérateur pour une communauté (O.S.R.) qui, à l'époque (2004), était balbutiante. Il avait ce côté rafraîchissant et cette saveur qui nous renvoyait au début de notre hobby.

   Voilà donc pour cette brève approche de ce magazine, Footprints. Pour conclure, il y a encore un autre intérêt - et non des moindres -, c'est celui de l'impression. En effet, il est possible d'imprimer (pour votre compte personnel, cela va de soi) une version papier qui, au final, n'est pas très onéreuse (autour de 5 €, sans les frais de port). Il vous suffira de vous rapprocher de n'importe quel site offrant ce genre de service.



   En attendant, à l'aventure... Compagnons !


jeudi 28 janvier 2021

Fresh Fruit For Rotting Vegetables !

 Knock...

...Knock at your front door !

   Oulala... ! Alors deux ou trois petits trucs en guise d'apéritif. Primo : non, je ne suis pas en train de basculer sur de la critique musicale. Deuxio : une fois n'est pas coutume, mais pour l'heure, je fais de l'instantané. Tertio : je ne suis pas en train de tourner une carte ! Aujourd'hui, je vais parler du magazine Knock !

Le financement sur Kickstarter.

45 r.p.m.

   Il y a plusieurs raisons à mon choix de faire un parallèle avec la musique. Les paroles « Knock knock at your front door » font écho au nom du magazine, bien évidemment, et sont tirées de la célèbre chanson California Über Alles. Quant au titre de ce billet, Fresh Fruit For Rotting Vegetables c'est le titre du premier album des DEAD KENNEDYS, groupe punk emblématique des années '80. Un fruit frais pour des légumes pourrissant correspond exactement à l'idée qui me vient immédiatement à l'esprit lorsque j'ai commencé à feuilleter ce premier numéro de Knock ! Ce magazine apporte une fraîcheur inattendue - mais espérée - au sein du monde rôlistique. Alors bien sûr, survolant cet opus, je me suis immédiatement retrouvé projeté dans mes années adolescentes, fin '70 et tout début '80, lorsque j'étais en pleine ébullition, découvrant l'esprit critique, le punk et le jeu de rôle. L'album Fresh Fruit For Rotting Vegetables accompagnait mes lectures des règles de Dungeons & Dragons ; il est donc logique que l'électrochoc provoqué par la lecture de Knock ! m'ait rappelé tous ces souvenirs.

A tout seigneur...

   Je commencerai par quelques éloges. Le projet a débuté sur la fameuse plateforme participative, j'ai nommé Kickstarter, en décembre dernier (2020 donc). La livraison était estimée pour le mois de février 2021 ; or, j'ai reçu mon exemplaire hier (27 janvier) quand d'autres - notamment à l'étranger - l'ont eu entre les mains un peu avant. Je le souligne car il est suffisamment rare d'obtenir ce que vous pouvez avoir soutenu dans les temps ; alors là, vous imaginez la réception du bouquin avec un grand sourire ! Il est donc à noter la très haute qualité du travail réalisé, ne serait-ce que sur cet aspect qui n'est pas négligeable. Pas moins de 1 600 personnes ayant soutenu ce projet vont avoir un instant de bonheur ! Cet exploit, nous le devons à deux Français, Eric NIEUDAN et Olivier REVENU. Le premier est un auteur/scénariste/créateur de jeux/illustrateur qui est passé par ORIFLAM. Avec un tel curriculum vitae et ses multiples fonctions, nous aurions pu penser qu'il était suisse - comme le couteau. Eh bien non ! C'est juste un être divin puisqu'il a été béni (forcément, né à Lourdes !). Quant à son acolyte, il n'impressionne pas moins. Concepteur de jeux et éditeur, il publie Battles Magazine, une revue destinée au wargame avec un jeu dans chaque numéro, un peu à la manière de Command Magazine ou Strategy & Tactics. Par ailleurs, cette revue a été cinq fois primée par le C.S.R. Awards (le top dans le milieu du wargame). Satisfaction aussi par rapport à l'objet en lui-même : plus de 200 pages, du papier glacé, beaucoup de couleur, des illustrations etc. Vous pouvez leur rendre visite à cette adresse. Il est possible que vous puissiez me trouver dithyrambique et c'est le cas ; j'assume.

Entre les lignes

   Sans dévoiler trop de choses, juste ce qu'il faut pour vous mettre l'eau à la bouche, voyons un peu ce qu'il y a à l'intérieur...

   Je commencerai par citer quelques noms (et pas des moindres) d'auteurs présents dans les pages de cet opus : Nicolas DESSAUX, Paolo GRECO, James HOLLOWAY, Gabor LUX, Bryce LYNCH, Gavin NORMAN, Jason SHOLTIS, Didier GUISERIX, Dyson LOGOS... Des artistes et des créateurs/auteurs ; et ce n'est qu'une partie de l'ensemble du collège ayant oeuvré pour la réalisation de ce magazine. Plus de 200 pages dans lesquelles tous ces gens vont laisser libre cours à leur imagination et vous offrir de belles réflexions.

La première de couverture.

   Le contenu est clairement défini puisque sur la couverture est précisé « An Adventure Gaming Bric-à-brac » ; tout est dit. L'avant-propos explique au lecteur/découvreur qu'il est en présence d'un livre ayant pour thème l'O.S.R., la table des matières stipulant que les caractéristiques des créatures et autres classes de personnages sont formatées selon O.S.E. Nous voilà donc avertis !

   L'ensemble de l'ouvrage est composé d'articles de fond abordant des sujets variés tels que ce que l'on peut attendre d'un jeu type O.S.R., comment concevoir ses propres donjons, l'approche archéologique du château du module B2 ; mais aussi des textes permettant d'interpréter autrement des points de règles (sauvegardes, points de vie, drainage d'énergie etc.), des tables aléatoires pour pimenter vos sessions, des objets magiques, des règles « maison », des classes de personnages, des monstres, des aventures etc. etc. A titre d'exemple, j'ai pu trouver un article de 6 pages traitant des égouts permettant au D.M. de gérer ce genre de milieu très facilement, à l'aide de quelques jets de dés, et présentant même des coupes afin d'expliquer aux joueurs pourquoi ils peuvent rencontrer telle ou telle difficulté ; vraiment très bien fait. C'est véritablement un fourre-tout dans lequel chaque joueur/D.M. y trouvera à boire et à manger. Ce sont des outils, des pistes de réflexion que l'on peut utiliser de manière pérenne ou bien délaisser après un essai non satisfaisant ; mais sur 200 pages, vous avez quelques sessions de jeu devant vous... Il n'y a pas un recoin qui ne soit utilisé ; sur la quatrième de couverture, vous avez une créature démoniaque que vous pouvez customiser à souhait à l'aide de jets de dés (nous trouvons même des résultats sur le dos de l'ouvrage !).

Quelques vues de l'intérieur...

   La présentation est aussi du plus bel effet. La mise en page, les illustrations me renvoient aux fanzines punks des années '80 voire du début 2000, ou bien au monde du tatouage dans le choix de l'iconographie. Je le perçois (et ça ne reste qu'un avis personnel) comme vraiment rock'n'roll ; c'est exactement ce que je pouvais attendre d'un tel ouvrage. La jaquette comprend un petit module et le dos de ce couvre-livre est du orange classique de chez T.S.R., grande époque de cette firme ; belle révérence ! D'ailleurs, sur la quatrième de couverture, on peut y lire une citation de Gary GYGAX des plus pertinente sur ce que peut être le style O.S.R. Sans oublier le marque-page qui vaut son pesant d'or (avec une illustration de Russ NICHOLSON), lui aussi !

In fine

   Vous l'aurez compris, je ne peux que vous encourager - si vous avez loupé la souscription participative - à vous procurer cet opus. Si vous avez besoin d'un peu plus d'informations, je vous invite à regarder ceci. Pour ma part, je suis acquis à leur cause concernant la suite (je croise les doigts !). Ce livre va séjourner quelques temps sur ma table de chevet ainsi que sur mon bureau, nourrissant les aventures préparées pour mon équipe de joueurs ! C'est un véritable laboratoire portatif dont je vais user et abuser...



   En route pour l'aventure... Compagnons !